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À la une

23/04/2026

La Province d'Anvers : de la marche frontière à la métropole mondiale

Entre l'Escaut et la Campine, la province d'Anvers porte en elle une histoire millénaire. Héritière du marquisat du Saint-Empire et du puissant duché de Brabant, ancienne plaque tournante du commerce européen, elle a traversé les siècles sous les couleurs successives des Habsbourg d'Espagne et d'Autriche, de la France révolutionnaire et du Royaume-Uni des Pays-Bas, avant de s'affirmer comme l'une des provinces fondatrices de la Belgique indépendante. Cette année, le Rallye des Parcs et Châteaux de l'ANRB y pose ses jalons, une invitation rare à redécouvrir certains des joyaux que recèle ce territoire du nord de notre royaume.Juché sur un léger promontoire dominant l'Escaut, le site d'Anvers acquiert dès le IXe siècle une vocation défensive face aux invasions normandes. Un castrum s'y élève, puis, au XIIe siècle, le château fort du Steen, dont la silhouette de grès blond reste visible sur les quais comme un témoin taciturne des siècles engloutis. Né à la fin du Xe siècle, le marquisat d'Anvers est une marche du Saint-Empire relevant de la Basse-Lotharingie. En 1106, Godefroid Ier de Louvain reçoit conjointement le duché de Basse-Lotharingie et le marquisat, nouant entre les deux entités une union personnelle qui préfigure des évolutions politiques plus larges. L'érection du comté de Louvain en duché de Brabant en 1183, puis la Diète de Schwäbisch Hall en 1190, scellent l'intégration du marquisat dans l'orbite brabançonne, dont Anvers devient la principale ouverture sur la mer.En 1430, l'extinction de la lignée ducale ouvre la voie à l'absorption bourguignonne sous Philippe le Bon, puis, par le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien Ier de Habsbourg en 1477, à l'Empire. Sous Charles Quint et Philippe II, la cité connaît son apogée : première place financière et commerciale d'Europe, que Fernand Braudel qualifiera de premier centre mondial du commerce. Les troubles religieux brisent cet élan. La Furie espagnole du 4 novembre 1576 ravage la ville ; la reconquête d'Alexandre Farnèse en 1585, suivie du blocus hollandais de l'Escaut, transfère la prééminence commerciale à Amsterdam pour deux siècles.Par les traités de 1713-1714, les Pays-Bas méridionaux passent aux Habsbourg d'Autriche. Les réformes centralisatrices de Joseph II déclenchent la Révolution brabançonne de 1789 et l'éphémère indépendance des États Belgiques Unis, avant que la conquête française ne transforme le territoire en département des Deux-Nèthes, le 1er octobre 1795. Napoléon, qui voyait en Anvers « un pistolet braqué sur le cœur de l'Angleterre », y développe le port avec une ambition nouvelle. Le Congrès de Vienne crée en 1815 le Royaume-Uni des Pays-Bas ; la révolution belge de 1830 confère à la province ses frontières et son rôle actuels. La citadelle résiste jusqu'au 23 décembre 1832, lorsque le général néerlandais Chassé capitule devant le maréchal Gérard. La réouverture définitive de l'Escaut en 1863 restitue à Anvers sa vocation universelle. Province la plus peuplée du Royaume, elle demeure l'héritière d'une histoire où noblesse d'Empire, traditions brabançonnes et rayonnement marchand se conjuguent de manière singulière.Les grandes famillesLes grandes familles aristocratiques anversoises ont modelé durablement le paysage de la province, dans ses pierres comme dans ses institutions. Parmi elles, on compte des familles telles que les Baillet-Latour, Bergeyck, Borrekens, Caters, Cogels, della Faille, van der Gracht, Le Grelle, van Havre, Marnix de Sainte-Aldegonde, Merode, Moretus Plantin, Pret, Pret Roose de Calesberg, Ullens de Schooten, d'Ursel et van de Werve. Plusieurs d'entre elles se sont illustrées sous l'Ancien Régime au service des cours de Bruxelles et de Vienne et ont laissé des empreintes architecturales et politiques considérables. Elles ont contribué au rayonnement culturel et économique de la région, entretenant châteaux, domaines et fondations charitables selon une conception du service public ancrée dans la plus ancienne tradition nobiliaire. Aujourd'hui encore, bon nombre de ces familles résident dans leurs demeures ancestrales et veillent avec soin à la préservation de ces témoins irremplaçables.Le patrimoine castralLes châteaux de Bornem, Cleydael, Den Brandt, Rameyen, 's-Gravenwezel, Sterckshof, Vorselaar ou Westerloo illustrent d'emblée la remarquable diversité d'un patrimoine qui oscille entre forteresse médiévale et demeure d’agrément.Le château d'Hingene, ancienne résidence d'été des ducs d’Ursel, se distingue par l'équilibre de son architecture classique et l'ampleur majestueuse de son parc. À Reet, le Laarhof, sobre et raffiné, témoigne de l'art de vivre du XVIIIe siècle, tandis que le Groenhof s’inscrit, par ses façades de briques et de pierre blanche, dans la grande tradition de la Renaissance flamande. Le château de Boechout, avec sa tour médiévale et ses douves, et le château de Calesberg, ancienne place forte muée en résidence de prestige, complètent ce panorama dans les environs immédiats d'Anvers.Aux confins de la Campine, le domaine Hemelrijk déploie ses allées boisées dans un cadre de grande sérénité. À Ranst, le château Doggenhout séduit par sa silhouette classique ; à Zandhoven, le Bautersemhof retrace l'évolution d'une motte médiévale vers un manoir raffiné. Plus au nord, le château Heizuyzen trône au cœur d’un parc hors du temps à Oostmalle, tandis que le château d'Arendonk illustre la transition entre forteresse et résidence de plaisance. Quant au domaine Oude Gracht, à Kapellen, ses arbres centenaires évoquent encore le relais seigneurial où se croisaient autrefois la vie rurale et celle de la haute société.Rallye des Parcs et ChâteauxLe comité d'Anvers de l'ANRB vous convie à découvrir certaines de ces propriétés de la province d'Anvers, le 31 mai 2026 de 10h à 18h, parmi lesquelles des châteaux, des parcs et la distillerie Elixir d'Anvers, témoignage vivant du savoir-faire artisanal local. Une invitation à plonger au cœur d'un territoire où plusieurs siècles d'histoire continuent, avec une souveraine discrétion, de rayonner.Nous remercions le comte Pierre-Alexandre de Lannoy pour la rédaction de cet article.

Actualités

27/05/2026

Escalader, voler et se dépasser !

Le vicomte Jean de Biolley, talent émergent en parapente, spécialiste de "Hike and Fly" (Marche et Vol), nous parle de sa passion pour les courses d'endurance, comme la REDBULL-X-Alps, 1280 km en maximum douze jours à travers les Alpes, la course la plus dure au monde, à laquelle il a participé en 2025 !Si vous deviez-vous présenter, que diriez-vous ?Marié, 30 ans, je suis passionné par les compétitions de parapente et en particulier par le « Hike and Fly » en montagne, une discipline combinant la randonnée, l'alpinisme et le vol en parapente. Ce sont des courses d'endurance extrêmes où les athlètes doivent franchir des balises à travers des massifs entiers uniquement à pied ou en vol. Le principe est de gravir un sommet à pied avec son équipement, puis de redescendre en volant en essayant de parcourir un maximum de distance. Je m'efforce de concilier les entraînements et les compétitions - que je considère comme une partie de mes activités professionnelles - avec ma vie de famille et mon travail à temps plein en tant que commercial dans une Start-up belge spécialisée dans le domaine des technologies pour les énergies renouvelables.Comment est née votre passion pour ce sport exigeant ?C'est après avoir fait du kitesurf que j'ai découvert le parapente. Le parapente offre la possibilité de rester un maximum de temps en vol.A partir de là, j'ai tout de suite ressenti cette incroyable impression, cette sensation inouïe de progresser sans fin à travers l'azur et cette merveilleuse découverte de paysages successifs vus du ciel.Comment votre famille a-t-elle réagi à votre intérêt pour ce sport extrême, à votre désir de vous entraîner pour participer à des compétitions renommées, comme la REDBULL X-Alps en 2025 ?J’ai toujours pratiqué des sports intenses comme le hockey sur glace ou les sports de montagne. Ma famille et mon épouse ne s’attendaient pas à ce que cela prenne une telle ampleur mais ils n’ont pas été surpris par ma décision de participer à des compétitions et je les remercie de leur soutien si précieux. En effet, ce sport de compétition implique une indispensable gestion du risque et, pour ce qui me concerne, la nécessité de concilier les deux versants (c'est le cas de le dire) de mes activités, mon travail chez mon employeur et ma participation aux compétitions sportives. Les compétitions exigent une préparation intense et régulière et de fréquentes absences.Comment vous préparez-vous aux épreuves ?Comment vous préparez-vous aux épreuves ?Philippe de Potesta : Et pour vous, Valentine de le Court, qui êtes bien connue comme romancière, quelles sont les principales différences entre écrire un roman ou une pièce de théâtre ?Valentine de le Court : Ce qui change le plus entre les deux écritures, c’est sans doute la manière de raconter l’histoire et de faire vivre les personnages. Dans un roman, on peut plonger dans les pensées des personnages, décrire les paysages et les ambiances, jouer avec le rythme des phrases et laisser l’imagination du lecteur combler certaines zones. L’écriture y est plus intime, plus intérieure.En revanche, une pièce de théâtre se déploie dans l’immédiateté : dialogues, monologues, gestes, silences. Tout passe par ce qui se dit ou se fait sur scène, quelques lumières, quelques accessoires, et c’est tout. Cela oblige à choisir au scalpel chaque mot et chaque geste. Tout doit être essentiel. "Enlever le gras, ne garder que le muscle". La force de la pièce naît de la dynamique collective, du rythme scénique et du texte qui se construit comme une partition destinée aux acteurs et au metteur en scène.Dans notre cas, écrire des pièces en groupe (avec notre amie Framboise Boël) consiste en un va-et-vient constant entre nos textes et des confrontations d’idées et de styles. Chaque échange est stimulant, chaque désaccord fertile et le projet s’enrichit à mesure qu’il prend forme. À l’inverse, l’écriture d’un roman reste pour moi un voyage solitaire, un chemin où le retour n’arrive qu’une fois le manuscrit achevé.En une phrase, écrire un roman, c’est explorer l’univers intérieur et le détail, tandis qu’écrire une pièce, c’est composer une expérience partagée, visible et auditive, qui prend vie uniquement dans l’instant de la représentation.Philippe de Potesta : Merci beaucoup Cécile et Valentine pour cet échange si instructif. Nous avons hâte d’assister à votre prochaine pièce de théâtre !Philippe de Potesta 

27/05/2026

"Trait d'union entre particules"

Etienne de MONTETY – « Il y a une autre rive ». Ed. Stock – janvier 2026.Fils de parents divorcés, Rahman, tiraillé entre une vie hyperconnectée en France où il travaille et ses racines algériennes, s’interroge sur l’islam qui ne répond que partiellement à sa quête intérieure. Il retourne s’immerger en Algérie et y rencontre le frère Jean-Marie, prêtre catholique, qui lui ouvre un chemin inattendu : celui de la foi chrétienne, ce qui amène Rahman à envisager d’aller vers « une autre rive », c’est-à-dire quitter son univers matériel pour une vie intérieure plus riche.Etienne de Montety signe un roman d’une grande délicatesse d’écriture, profondément actuel, qui explore la tension entre origines algériennes, culture française et aspiration personnelle.C’est un texte qui touche sans jamais forcer. A lire !.Louis de Diesbach - « Faussaires algorithmiques».  Ed. de l'Aube – avril 2026.Un essai construit sur 120 rencontres, (sans IA !) et un fil rouge : ce que notre relation à la technologie vient dire de notre rapport à nous-mêmes et au monde. La question est dans l'air depuis des années. Elle revient dans chaque dîner, chaque fil LinkedIn. L'IA va-t-elle remplacer les artistes ? “Mauvaise question” nous dit Louis de Diesbach, éthicien de la technique.Le Comité de rédaction de la Newsletter vous souhaite une bonne lecture."La Pierre et l’Esprit - Vie et Trésors de l’abbaye de la Cambre"Publié par Les Grandes Heures de la Cambre - Éditions Artha - parution prévue en octobre 2026.À travers plus de huit siècles d’histoire, La Pierre et l’Esprit nous emmène à la découverte de l’abbaye de la Cambre, lieu emblématique du patrimoine bruxellois. Cet ouvrage réunit des auteurs venus d’horizons très divers, historiens, archéologues, conservateurs et spécialistes reconnus, dont plusieurs personnalités de la noblesse belge, tous unis par leur passion pour l’abbaye et ses trésors.Publié à l’occasion du centenaire du retour du culte dans l’abbaye après sa suppression en 1796, ce très beau livre, richement illustré et nourri de nombreuses recherches inédites, met également en lumière les enjeux actuels liés à la préservation et à la transmission de ce patrimoine exceptionnel.L’ouvrage s’ouvre sur une préface de Herman Van Rompuy et se clôture par une conclusion de Mgr Luc Terlinden, archevêque de Malines-Bruxelles.À découvrir dès sa parution. Une souscription est déjà possible auprès des Grandes Heures de la Cambre afin de réserver un exemplaire de cette édition limitée, disponible en français et en néerlandais : fondsamis.abbayedelacambre@gmail.com. 

23/04/2026

Redonner la chance que j’ai eue

À douze ans, Violaine Muûls avait un rêve : devenir journaliste. Un rêve d’enfant, comme on en fait tant, sauf que, pour elle, la vie a peu à peu pris soin d’en tracer le chemin…En classe de rhéto, à l’Institut des Dames de Marie d’Uccle, nous avons eu la chance de suivre un cours d’actualité exceptionnel donné par Luc Beyer de Rycke, alors présentateur vedette à la RTBF. Il ne se contentait pas de nous parler du monde : il nous invitait à y entrer. Nous devions incarner les grands acteurs politiques du moment, défendre leurs positions, argumenter, comprendre les enjeux. Ce fut pour moi une révélation. Aujourd’hui encore, je me dis qu’un tel cours serait précieux pour aider les jeunes à distinguer le vrai du faux dans le flot d’informations qui déferle sur les réseaux sociaux.Pendant mes études universitaires, j’ai commencé à écrire pour plusieurs magazines bruxellois. Là aussi, la chance m’a accompagnée. Engagée comme journaliste à l’hebdomadaire Spécial, j’y ai appris mon métier avec passion. Cette expérience m’a donné, quelques années plus tard, l’élan et la confiance nécessaires pour créer L’Événement. J’en ai été la rédactrice en chef pendant trente ans, de 1982 à 2012. Trente années d’un métier exigeant, intense, parfois prenant, mais que j’ai profondément aimé. Et qui m’a permis de concilier cette passion avec l’essentiel : mon mari, Baudouin Klep, et nos deux filles, Maroussia et Amala. Aujourd’hui, elles ont à leur tour des enfants qui illuminent notre vie.Quand l’heure de la retraite est arrivée, je n’ai pas souhaité ralentir le rythme. J’ai simplement choisi de mettre mon énergie ailleurs. Vice-présidente de l’asbl Les Amis du Zoute, j’organise avec d’autres bénévoles plus de 70 activités par an pour nos 987 membres. Une manière différente, mais finalement assez proche, de continuer à rassembler, à partager, à faire vivre des projets.Mais là où mon engagement prend tout son sens, c’est dans le Coup de Pouce scolaire aux élèves allophones, proposé par l’asbl Ages & Transmissions. Pendant les heures de classe, j’accompagne bénévolement des enfants venus de tous les horizons, qui arrivent dans nos écoles sans connaître un seul mot de français. Faute de « classes passerelles » en nombre suffisant, la plupart de ces élèves sont directement intégrés dans la classe correspondant à leur âge… alors qu’ils ne comprennent rien de ce qui s’y dit. Imaginez-vous à 10 ans arriver en 4e Primaire où l’on ne parlerait et n’écrirait que le chinois ? Langue que vos parents ne connaîtraient pas et pour laquelle ils n’auraient ni le temps, ni les moyens de vous aider !Ainsi en est-il aujourd’hui à Bruxelles pour des milliers de jeunes allophones, confrontés dans l’enseignement fondamental et secondaire à cet immense défi. Pour eux, chaque journée d’école est une montagne à escalader. De quoi très vite s’essouffler et perdre courage. Leur offrir un moment rien qu’à eux, un temps d’attention et d’accompagnement, c’est leur donner une bouffée d’oxygène.Mon rêve, désormais, est simple… mais ambitieux.Que chaque Bruxellois francophone à la retraite tende la main à l’un de ces élèves primo-arrivants. Il suffit de 2 heures par semaine, pendant les périodes scolaires. Si vous disposez de ce temps, n’hésitez pas à me contacter : violaine.muuls@gmail.com Parce qu’une chance offerte au bon moment peut, parfois, changer toute une vie.Propos recueillis par Philippe de Potesta

23/04/2026

Théâtre au féminin : quand la passion devient une structure professionnelle.

Valentine de le Court et Cécile de Palaminy - Théâtre au féminin : quand la passion devient une structure professionnelle.Je suis Cécile de Palaminy. Après une licence de lettres modernes et l’ESCP, je me dirige vers le conseil et l’audit, et le théâtre me rattrape : je suis les Cours Florent à Paris, et le Cours Périmony qui me donne le goût de la mise en scène. Après quelques années 100% famille, j’ai depuis 2022 mis en scène plusieurs troupes, pour des comédies, des sketchs…En 2024 et 2025, avec Valentine de le Court, Framboise Boël et Hélène d’Udekem, nous avons écrit « les Culpabilités ordinaires » que nous avons joué à Bruxelles et à Paris avec Maud Burrus.Philippe de Potesta : Et en 2026, vous fondez alors votre propre compagnie ?Oui ! Avec Valentine de le Court, nous voulions être en mesure de demander des subsides, de recruter des comédiens professionnels, de nous déployer dans le temps. La Compagnie le 17-19 chapeaute notre prochaine pièce et structurera la suite de nos projets. Le nom est un clin d’œil à cette heure du jour où les comédiens s’échauffent, où la tension vers la représentation monte peu à peu. C’est aussi une évocation du salon de Valentine, témoin d’un nombre incalculable de répétitions, réunions, essayages, shootings et autres corrections d’épreuves.Philippe de Potesta : Parlez-nous un peu plus de la pièce qui s’annonce.Cécile de Palaminy: Valentine de le Court et moi, nous avons découvert en 2024 à Avignon, fourmilière du théâtre, cette formidable adaptation du roman Bel-Ami de Maupassant. Nous en avons obtenu les droits et nous sommes très heureuses de jouer ce spectacle en novembre prochain. L’intrigue (certains se la rappellent) suit Georges Duroy, un provincial arriviste sans le sou, qui à force de séductions et de manigances, va accéder à une position sociale et au pouvoir. Au fil de ses manipulations, nous plongeons dans le monde parisien de 1885, dans les coulisses du journalisme, dans les alcôves des couples. Menée tambour battant, pleine de clins d’œil, la pièce brocarde l’hypocrisie et l’absence de scrupules, tout en offrant une galerie de portraits très bien croqués. La place de la femme a évolué depuis le XIXème siècle, mais les quatre héroïnes ont beaucoup de choses à nous apprendre !Philippe de Potesta : Comment voyez-vous le rôle du metteur en scène ?La mise en scène, c’est convertir une vision, la passion pour un texte, en un spectacle vivant. Chaque metteur en scène façonne cette illusion en fonction de son parti pris, de son engagement à affirmer, à interroger ce qui va se dérouler sous les yeux des spectateurs. Il y a autant de mises en scène que de manières de raconter une histoire. J’aime emmener le spectateur quelque part, puis le surprendre. Dans une comédie par exemple, on peut choisir de mettre en valeur l’authenticité, le côté humain derrière la façade de drôlerie. On peut choisir d’écorcher la société des apparences, qui fait que les personnages s’empêtrent dans leurs mensonges et que les quiproquos se succèdent. On peut aussi laisser beaucoup de place à l’incommunication, au silence, à l’absurde. Au théâtre, on comprend des choses sans qu’on vous les explique, et c’est cela, l’expérience du spectateur. La matière première, ce sont les comédiens. « L’argile humain », le travail avec eux, est au cœur de chacun de mes projets. Marc’O, réalisateur génial des années 70, disait même que les acteurs sont les véritables auteurs d’une pièce. Accompagner chacun d’entre eux, s’ouvrir à sa singularité, lui donner confiance, le pousser au-delà de ses capacités, créer une cohésion de troupe, voilà ce qui est passionnant.Philippe de Potesta : Et la gestion complète d’une pièce de théâtre, c’est bien plus, n’est-ce pas ?En effet, autour de cette direction, il y a la gestion journalière et administrative : organiser l’emploi du temps, contacter les théâtres pour vendre le spectacle, construire et stocker le décor, se faire connaître des spectateurs… Ce travail de gestion est indispensable : sans une énergie à déplacer des montagnes, la pièce restera un rêve sur papier ! La communication en est le principal pilier : élaborer un dossier, avoir des photos du spectacle, savoir le décrire, voilà qui est aussi important que de bien travailler en répétition.Il faut savoir tout faire, du réglage des lumières à la création d’un site internet, du maquillage au coaching des comédiens – un biscuit et une main rassurante sont souvent de très bons remèdes contre le trac. C’est une aventure magnifique !Philippe de Potesta : Et pour vous, Valentine de le Court, qui êtes bien connue comme romancière, quelles sont les principales différences entre écrire un roman ou une pièce de théâtre ?Valentine de le Court : Ce qui change le plus entre les deux écritures, c’est sans doute la manière de raconter l’histoire et de faire vivre les personnages. Dans un roman, on peut plonger dans les pensées des personnages, décrire les paysages et les ambiances, jouer avec le rythme des phrases et laisser l’imagination du lecteur combler certaines zones. L’écriture y est plus intime, plus intérieure.En revanche, une pièce de théâtre se déploie dans l’immédiateté : dialogues, monologues, gestes, silences. Tout passe par ce qui se dit ou se fait sur scène, quelques lumières, quelques accessoires, et c’est tout. Cela oblige à choisir au scalpel chaque mot et chaque geste. Tout doit être essentiel. "Enlever le gras, ne garder que le muscle". La force de la pièce naît de la dynamique collective, du rythme scénique et du texte qui se construit comme une partition destinée aux acteurs et au metteur en scène.Dans notre cas, écrire des pièces en groupe (avec notre amie Framboise Boël) consiste en un va-et-vient constant entre nos textes et des confrontations d’idées et de styles. Chaque échange est stimulant, chaque désaccord fertile et le projet s’enrichit à mesure qu’il prend forme. À l’inverse, l’écriture d’un roman reste pour moi un voyage solitaire, un chemin où le retour n’arrive qu’une fois le manuscrit achevé.En une phrase, écrire un roman, c’est explorer l’univers intérieur et le détail, tandis qu’écrire une pièce, c’est composer une expérience partagée, visible et auditive, qui prend vie uniquement dans l’instant de la représentation.Philippe de Potesta : Merci beaucoup Cécile et Valentine pour cet échange si instructif. Nous avons hâte d’assister à votre prochaine pièce de théâtre !Philippe de Potesta 

23/04/2026

La Province d'Anvers : de la marche frontière à la métropole mondiale

Entre l'Escaut et la Campine, la province d'Anvers porte en elle une histoire millénaire. Héritière du marquisat du Saint-Empire et du puissant duché de Brabant, ancienne plaque tournante du commerce européen, elle a traversé les siècles sous les couleurs successives des Habsbourg d'Espagne et d'Autriche, de la France révolutionnaire et du Royaume-Uni des Pays-Bas, avant de s'affirmer comme l'une des provinces fondatrices de la Belgique indépendante. Cette année, le Rallye des Parcs et Châteaux de l'ANRB y pose ses jalons, une invitation rare à redécouvrir certains des joyaux que recèle ce territoire du nord de notre royaume.Juché sur un léger promontoire dominant l'Escaut, le site d'Anvers acquiert dès le IXe siècle une vocation défensive face aux invasions normandes. Un castrum s'y élève, puis, au XIIe siècle, le château fort du Steen, dont la silhouette de grès blond reste visible sur les quais comme un témoin taciturne des siècles engloutis. Né à la fin du Xe siècle, le marquisat d'Anvers est une marche du Saint-Empire relevant de la Basse-Lotharingie. En 1106, Godefroid Ier de Louvain reçoit conjointement le duché de Basse-Lotharingie et le marquisat, nouant entre les deux entités une union personnelle qui préfigure des évolutions politiques plus larges. L'érection du comté de Louvain en duché de Brabant en 1183, puis la Diète de Schwäbisch Hall en 1190, scellent l'intégration du marquisat dans l'orbite brabançonne, dont Anvers devient la principale ouverture sur la mer.En 1430, l'extinction de la lignée ducale ouvre la voie à l'absorption bourguignonne sous Philippe le Bon, puis, par le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien Ier de Habsbourg en 1477, à l'Empire. Sous Charles Quint et Philippe II, la cité connaît son apogée : première place financière et commerciale d'Europe, que Fernand Braudel qualifiera de premier centre mondial du commerce. Les troubles religieux brisent cet élan. La Furie espagnole du 4 novembre 1576 ravage la ville ; la reconquête d'Alexandre Farnèse en 1585, suivie du blocus hollandais de l'Escaut, transfère la prééminence commerciale à Amsterdam pour deux siècles.Par les traités de 1713-1714, les Pays-Bas méridionaux passent aux Habsbourg d'Autriche. Les réformes centralisatrices de Joseph II déclenchent la Révolution brabançonne de 1789 et l'éphémère indépendance des États Belgiques Unis, avant que la conquête française ne transforme le territoire en département des Deux-Nèthes, le 1er octobre 1795. Napoléon, qui voyait en Anvers « un pistolet braqué sur le cœur de l'Angleterre », y développe le port avec une ambition nouvelle. Le Congrès de Vienne crée en 1815 le Royaume-Uni des Pays-Bas ; la révolution belge de 1830 confère à la province ses frontières et son rôle actuels. La citadelle résiste jusqu'au 23 décembre 1832, lorsque le général néerlandais Chassé capitule devant le maréchal Gérard. La réouverture définitive de l'Escaut en 1863 restitue à Anvers sa vocation universelle. Province la plus peuplée du Royaume, elle demeure l'héritière d'une histoire où noblesse d'Empire, traditions brabançonnes et rayonnement marchand se conjuguent de manière singulière.Les grandes famillesLes grandes familles aristocratiques anversoises ont modelé durablement le paysage de la province, dans ses pierres comme dans ses institutions. Parmi elles, on compte des familles telles que les Baillet-Latour, Bergeyck, Borrekens, Caters, Cogels, della Faille, van der Gracht, Le Grelle, van Havre, Marnix de Sainte-Aldegonde, Merode, Moretus Plantin, Pret, Pret Roose de Calesberg, Ullens de Schooten, d'Ursel et van de Werve. Plusieurs d'entre elles se sont illustrées sous l'Ancien Régime au service des cours de Bruxelles et de Vienne et ont laissé des empreintes architecturales et politiques considérables. Elles ont contribué au rayonnement culturel et économique de la région, entretenant châteaux, domaines et fondations charitables selon une conception du service public ancrée dans la plus ancienne tradition nobiliaire. Aujourd'hui encore, bon nombre de ces familles résident dans leurs demeures ancestrales et veillent avec soin à la préservation de ces témoins irremplaçables.Le patrimoine castralLes châteaux de Bornem, Cleydael, Den Brandt, Rameyen, 's-Gravenwezel, Sterckshof, Vorselaar ou Westerloo illustrent d'emblée la remarquable diversité d'un patrimoine qui oscille entre forteresse médiévale et demeure d’agrément.Le château d'Hingene, ancienne résidence d'été des ducs d’Ursel, se distingue par l'équilibre de son architecture classique et l'ampleur majestueuse de son parc. À Reet, le Laarhof, sobre et raffiné, témoigne de l'art de vivre du XVIIIe siècle, tandis que le Groenhof s’inscrit, par ses façades de briques et de pierre blanche, dans la grande tradition de la Renaissance flamande. Le château de Boechout, avec sa tour médiévale et ses douves, et le château de Calesberg, ancienne place forte muée en résidence de prestige, complètent ce panorama dans les environs immédiats d'Anvers.Aux confins de la Campine, le domaine Hemelrijk déploie ses allées boisées dans un cadre de grande sérénité. À Ranst, le château Doggenhout séduit par sa silhouette classique ; à Zandhoven, le Bautersemhof retrace l'évolution d'une motte médiévale vers un manoir raffiné. Plus au nord, le château Heizuyzen trône au cœur d’un parc hors du temps à Oostmalle, tandis que le château d'Arendonk illustre la transition entre forteresse et résidence de plaisance. Quant au domaine Oude Gracht, à Kapellen, ses arbres centenaires évoquent encore le relais seigneurial où se croisaient autrefois la vie rurale et celle de la haute société.Rallye des Parcs et ChâteauxLe comité d'Anvers de l'ANRB vous convie à découvrir certaines de ces propriétés de la province d'Anvers, le 31 mai 2026 de 10h à 18h, parmi lesquelles des châteaux, des parcs et la distillerie Elixir d'Anvers, témoignage vivant du savoir-faire artisanal local. Une invitation à plonger au cœur d'un territoire où plusieurs siècles d'histoire continuent, avec une souveraine discrétion, de rayonner.Nous remercions le comte Pierre-Alexandre de Lannoy pour la rédaction de cet article.

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Événements

31/05/2026
Rallye des châteauxÉvénement public

Rallye des châteaux dans la province d'Anvers

Le dimanche 31 mai 2026, partez à la découverte de 14 parcs, châteaux et autres patrimoines remarquables qui ouvriront leurs portes dans la province d'Anvers.Une occasion unique de pénétrer dans des lieux habituellement fermés au public.Le catalogue qui présente les propriétés sera envoyé aux participants inscrits avant le 7 mai. Passé cette date, nous ne pouvons pas vous garantir que cela arrivera à temps. Vous pouvez le consulter en cliquant ici.Découvrez ci-dessous la liste des lieux à visiter et préparez votre parcours. + de détails dans l'invitation en cliquant iciInscription et paiement indispensables.

31/05/2026
Cercle FranklinRéservé aux membres

Castle Party

Envie de clôturer le Rallye des Châteaux par une soirée conviviale au Château de Heihuyzen à Oostmalle chez Monsieur & Madame Christophe Lenaerts ?Le Cercle Franklin vous y convie à partir de 18h. Musique, food truck à volonté ainsi qu’un verre d’accueil vous y attendront. Possibilité de nager en cas de météo radieuse (prévoir maillot et serviette de bain).

16/06/2026
Bruxelles
DéjeunersRéservé aux membres

Grand buffet estival

Grand buffet estival ➤ Bridge & Scrabble. Partagez un moment chaleureux avec Cécile Poswick et son équipe dans les salons de l’ANRB (12h). Prolongez l’après-midi autour d’une table de bridge ou de scrabble si vous le souhaitez. 

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Privatiser la maison

Vous cherchez un espace pour organiser un événement, à caractère privé ou professionnel ? Une réunion, un séminaire, une conférence, un anniversaire, … ?

Le grand hall

Le grand hall est au centre de toute l’action. Il est orné d’une belle cheminée Renaissance, de tapisseries d’Aubusson et de lustres Louis XV imitant ceux de la bibliothèque Mazarine. Un très bel escalier d’honneur permet de monter à l’étage. C’est dans ce lieu magique que les moments les plus marquants de l'association ont pris naissance, créant des moments inoubliables pour certains de nos membres.

Le salon des jeunes

Le salon des JNB est une salle polyvalente. Cet espace cosy et festif est mis à disposition pour vos fêtes ou vos moments « lounge ».

Les salles de réunion

En tant que membre, vous pouvez privatiser nos salles de réunion, et même l'ensemble du bâtiment pour des célébrations plus importantes. Caroline Siraut et son équipe vous aidera à transformer les moindres détails en une expérience vraiment inoubliable.

La salle à manger

Attenant au grand hall principal, la salle à manger est un bel espace de près de 70 m². Les lambris aux murs lui donnent un caractère unique. Une seconde porte très discrète permet l’accès au traiteur de pouvoir servir l’ensemble des invités sans gêner la circulation de vos convives.

Le salon chinois

Le salon Louis XV aux panneaux de style chinois est situé au rez-de-chaussée et donne sur la terrasse de la maison. Il est agrémenté d’un parquet incrusté d’acajou.

Le salon bibliothèque

Le salon bibliothèque, situé à gauche de l'entrée, est un espace intime et raffiné. La pièce est ornée de boiseries et d’étagères de livres, invitant à la détente ou à la conversation. Une seconde porte, discrète, permet de rejoindre le grand hall, renforçant la fluidité et la circulation au rez-de-chaussée.Le salon bibliothèque se prête parfaitement à des dîners en petit comité, où l'on peut partager un moment convivial dans une ambiance feutrée et accueillante.

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