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06/01/2026

Jean Rubay : guérir un enfant, c'est lui offrir un avenir

Chaîne de l’Espoir, voilà bien une expression qui fait jaillir des étoiles dans les yeux ! Et ce n’est pas un mirage. Nous en voulons pour preuve les réponses que le baron Jean Rubay, professeur émérite de chirurgie cardiaque et président fondateur de la Chaîne de l’Espoir nous a données. 

Professeur, vos spécialisations sont la chirurgie cardiaque pédiatrique ainsi que la chirurgie cardiovasculaire et thoracique que vous avez pratiquées en France Angleterre Afrique du Sud et Australie. Comment s’est enclenché ce chemin ?

Il y a eu en plus de la transmission génétique et intellectuelle paternelle, la conviction de l’aide au prochain, la passion pour la création et la reconstruction qui trouve son expression dans la chirurgie cardiaque qui est une chirurgie de réparation d’une malformation présente dès la naissance.

Comment est née la Chaîne de l’Espoir Belgique- Keten van Hoop België?

En raison de la facilité d’accès aux soins les plus qualifiés dans notre pays ainsi que leur quasi-gratuité et imprégné de l’altruisme lié à notre profession, il nous est apparu évident qu’il fallait offrir cette même qualité sanitaire aux pays qui en disposaient le moins.

Face à ce constat, les cardiologues pédiatres André Vliers et Thierry Sluysmans se sont joint à moi, chirurgien cardiaque pour fonder en 1997 l’association, copie belge de celle de France bien que strictement indépendante. Reconnue ONG en 2004, elle a grandi sous l’impulsion de sa directrice Anita Clément de Cléty. Son Conseil d’Administration rassemble des professionnels issus de divers horizons, assurant ainsi la stabilité et la vision de notre action.

Notre slogan est : une malformation, une opération, une guérison, une formation. 

Après l’Amérique latine - Bolivie, Vénézuéla et Nicaragua -, c’est vers le continent africain que ce sont portés nos efforts, en particulier la RDCongo et le Bénin.

Vous avez des projets dans différents pays ; comment opérez-vous des choix et comment les réalisez-vous ?

Ce sont les médecins locaux, souvent formés en Belgique, qui font appel à notre association. Nous intervenons dans les domaines cardiaques, orthopédiques, urologiques : en fait, le choix se porte sur toute malformation infantile qui peut être guérie par un geste chirurgical. 

Pour qu’un projet soit réalisable, des conditions minimales doivent être réunies, notamment des infrastructures hospitalières suffisamment adaptées. La Chaîne de l’Espoir Belgique apporte alors son expertise médicale, un appui financier ciblé et un accompagnement pour renforcer les services de pédiatrie et de chirurgie.

Notre approche vise également la pérennité : nous collaborons avec les autorités locales afin de les sensibiliser aux besoins spécifiques de la santé infantile, et les incitons à investir pour combler les manques souvent dramatiques qui se situent à différents niveaux : enseignement universitaire, formation, soins et gestion.

Vous opérez des enfants en Belgique. Comment se passe leur prise en charge depuis leur pays jusqu’à Bruxelles ?

Seule une minorité d’enfants est transférée en Belgique. Cela se produit lorsque le délai entre deux missions chirurgicales est trop long pour garantir leur prise en charge locale ou si l’association n’intervient pas dans le pays. Nous recevons des demandes via des médecins locaux, les dossiers sont analysés par un comité médical belge composé de spécialistes de la pathologie de l’enfant. Si les critères médicaux sont réunis et que le financement est assuré, l’enfant est alors accueilli en Belgique. L’enfant vient sans ses parents et est accompagné durant les voyages par des bénévoles d’Aviation Sans Frontières. Il est accueilli dans des familles qui leur procurent toute l’attention et l’amour durant toute la durée de ce séjour traumatisant.

Le contact est maintenu quotidiennement avec la famille biologique. Après 6 à 8 semaines, une fois l’intervention et le suivi terminés, l’enfant peut rentrer guéri auprès des siens.

Formez-vous aussi des médecins ou des équipes médicales dans ces différents pays ?

L’essentiel de notre activité se passe dans les pays précités. Le « primum movens » de notre association est la formation pour qu’ils puissent à terme plus ou moins lointain le faire par eux-mêmes. A cette fin nous avons mobilisé les quatre centres universitaires agréés belges qui pratiquent la chirurgie pédiatrique congénitale- UCL, KUL, UZ GENT et HUDERF - et cette collaboration en plus d’être enrichissante fait ma fierté.

La chirurgie qu’elle soit cardiaque ou orthopédique sauve des vies au quotidien et la Chaîne de l’Espoir Belgique incarne remarquablement cette mission à l’échelle mondiale, tout imprégnée de la conviction que guérir un enfant c’est lui offrir un avenir ! Au terme de cet interview, il me semble que le mot « magnifique » peut être prononcé moultes fois et cela fait chaud au cœur : c’est le cas de le dire !

www.chaine-espoir.be

Place Carnoy, 15
1200 Bruxelles Belgique
info@chaine-espoir.be
+32 2 764 20 60
+32 478 60 50 98


Nous remercions la comtesse Emmanuel de Ribaucourt pour cette interview.