Le présent site internet place des cookies. Les cookies essentiels sont nécessaires au bon fonctionnement du site et ne peuvent pas être refusés. Les autres cookies sont optionnels et ne seront placés que si vous les autorisez. Consultez notre politique en matière de cookies pour en savoir plus.

01/04/2025

Le Hainaut : une terre, des patrimoines

Avant l’arrivée de Jules César en 58 av. J.-C., le Hainaut était occupé par les Nerviens, réputés pour leur résistance farouche contre les légions romaines. Une fois intégrée à la « Gaule Belgique », cette contrée devint un carrefour stratégique du monde romain. De cette époque subsistent encore des traces dans la toponymie locale et les vestiges archéologiques.

Avec le déclin de l’Empire romain, le Hainaut entra dans l’orbite des Francs Saliens, qui s’y installèrent progressivement. Clovis Ier, après sa victoire contre Syagrius en 486, annexa la région à son royaume mérovingien. Elle devint ensuite un territoire clé du vaste empire carolingien, gouverné par Charlemagne depuis Aix-la-Chapelle. Après le traité de Verdun en 843, le Hainaut fit partie de la Francie médiane de Lothaire Ier avant d’être rattaché à la Francie occidentale de Charles le Chauve.

De comté à province

Bien que son existence comtale remonte à la fin du IXe siècle, c’est au Xe siècle que le Hainaut acquit une véritable identité politique. À cette époque, Mons devint le centre de cette nouvelle entité féodale. Le comte Régnier Ier au Long Col y fit édifier une forteresse en bois pour défendre la ville contre les incursions vikings. Sous la comtesse Richilde, au XIe siècle, cette première forteresse fut progressivement renforcée en pierre.

Tour à tour rattaché à la Francie médiane, la Lotharingie et le Saint-Empire romain germanique, le comté de Hainaut fut intégré aux Pays-Bas bourguignons en 1477 après le mariage de Marie de Bourgogne avec Maximilien Ier de Habsbourg. Il devint ensuite une province des Pays-Bas espagnols avant de passer sous contrôle autrichien au XVIIIe siècle. Ses capitales historiques furent Valenciennes, principal centre du comté jusqu’à son annexion par la France en 1678 lors du traité de Nimègue, et Mons, qui devint par la suite la capitale administrative du Hainaut belge.Le XVIIe siècle marqua un tournant avec les conquêtes de Louis XIV, qui permit l’intégration progressive de plusieurs territoires hennuyers au royaume de France, tandis qu’une partie du comté resta sous domination autrichienne jusqu’à la Révolution française.

Après la chute de Napoléon, le Congrès de Vienne rattacha le Hainaut au royaume uni des Pays-Bas, avant qu'il ne devienne une province belge en 1830 sous l'impulsion de la révolution, avec Bonaventure de Bousies comme premier gouverneur. Son industrie, notamment charbonnière, alimenta aciéries et usines textiles, assurant la prospérité économique de la région du XIXe siècle au début du XXe siècle.

Les grandes familles aristocratiques hennuyères, telles que les princes de Ligne, les princes d’Arenberg, les princes de Croÿ, les comtes du Chastel de la Howarderie, les comtes de Lalaing, les comtes de Lannoy et les marquis de Trazegnies, ont exercé une influence considérable sur cette terre. Ces « dynasties » ont su perdurer malgré les changements de régime et ont forgé le paysage historique du Hainaut. Aujourd’hui encore, certaines de ces familles résident dans leurs domaines ancestraux et se consacrent avec ardeur à la préservation de ces précieux témoins de l’Histoire.

Son patrimoine castral

Parmi les vestiges architecturaux les plus emblématiques ayant traversé les siècles, les châteaux hennuyers offrent une immersion unique dans le passé. Le château de Beloeil est implanté depuis huit siècles au milieu de ses douves. Par son élégance et ses vastes jardins, il est une véritable perle du Hainaut. Le château de Chimay, dont l'origine remonterait à l'an 1000, fut d'abord un donjon, entouré de tours et d'une enceinte dès le XIIIe siècle. De son côté, le château féodal d’Antoing trouve son origine au Xe siècle. La première mention évoque une simple élévation de terrain surmontée d’une construction en bois, protégée par une palissade et un large fossé. Le château d’Anvaing, qui se distingue par son architecture Renaissance, date du XVIe siècle, bien qu’une première construction y existait déjà à l’époque de la première croisade. Le château d’Écaussinnes-Lalaing fut édifié au XIIIe siècle à l’emplacement d’un poste fortifié construit en 1184 par Baudouin V, comte de Hainaut. Le château voisin de La Follie est un manoir du XVIe siècle bâti sur les fondations d’une forteresse médiévale en moellons, autrefois entourée de douves.

D’autres demeures, comme le château de Louvignies, ancienne motte féodale abritant une tour, ont servi de décor au film Germinal. Le château d’Attre, quant à lui, a accueilli le tournage d’une partie du film Les Visiteurs : La Révolution.

Un rendez-vous

Avis aux passionnés d’histoire et d’architecture : l’ANRB vous convie au Rallye des Parcs et Châteaux, qui se tiendra dans cette province wallonne le 25 mai 2025. Venez flâner à travers les propriétés de Taintignies, Vaulx, Bruyelle, Antoing, Wez-Velvain, Braffe, La Berlière, Beloeil, Louvignies, La Follie, Ecaussines-Lalaing, Wavrin, ainsi que Ramets (FR) et Potelle (FR) ; et plongez dans le passé, au cœur d’un territoire où la grandeur des siècles passés continue de rayonner.


Nous remercions le comte Pierre-Alexandre de Lannoy pour la rédaction de cet article.