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02/03/2026

Le Burn-out : Prévenir, guérir et rebondir

Murielle de Potesta (Madame Stéphane Terlinden) est coach de carrière depuis vingt ans, formée à la prévention du burn-out, après avoir vécu elle-même cette épreuve. Depuis lors, Murielle aide d’autres personnes à repérer les signaux d’alarme avant que ce ne soit trop tard et à rebondir en apprenant de nouveaux réflexes pour retrouver une nouvelle qualité de vie et souvent un nouveau projet professionnel plus en phase avec elles-mêmes.

Q : Dans l'esprit des gens, le burn-out est associé à un épuisement professionnel. Es-tu d'accord ? Ou est-ce une définition trop sommaire ? 

L’OMS définit le burnout comme un syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n'a pas été géré avec succès. Je trouve cette définition réductrice car elle ne comprend ni le burnout parental, ni celui des aidants proches, ni celui des étudiants que je rencontre souvent dans ma pratique.

Q : Prévenir, c'est guérir. Quels sont les signes ou manifestations qui doivent nous alerter ? 

Et comment réagir ?

Les premiers signaux sont physiques : fatigue chronique, insomnies, maux de tête, tensions musculaires (dos/nuque), troubles digestifs... Nous avons tous connu à un moment ces signaux de notre corps qui nous rappellent de ralentir, de s’arrêter. Or nous les ignorons souvent.

Quand ces signaux ne sont pas écoutés, viennent s’ajouter les signaux émotionnels et comportementaux, qu’on repère mieux chez les autres et qui devraient nous faire réagir : sautes d’humeur, irritabilité, cynisme, détachement, repli, sentiment d’inefficacité, comportements addictifs accrus. Viennent enfin en plus les signaux cognitifs : difficulté de concentration, oublis, erreurs cognitives…

Réagissez avec bienveillance, signalez les changements que vous avez repérés chez l’autre, recommandez d’aller chercher de l’aide chez un professionnel : médecin, psy et/ou coach.

Q : Plus fondamentalement, y a-t-il des traits psychologiques, des comportements spécifiques, bref des personnes qui sont plus à risque que d'autres ?

Les personnalités à risque conjuguent souvent sens du devoir, perfectionnisme, volonté de faire plaisir, manque d’assertivité pour mettre leurs limites... La difficulté à gérer son anxiété, le manque de confiance en soi, des problèmes de santé empêchant de récupérer sont aussi souvent présents

Q : Dans ta pratique, comment accompagnes-tu les personnes en burn-out ? Si tu as un conseil à donner, lequel ?

La première chose que je fais est de leur montrer la liste des symptômes associés au burnout et de leur faire prendre conscience qu’ils cochent la plupart… Après la prise de conscience, je leur explique ce qu’est le burn-out : « trop de contraintes/stress, trop longtemps, avec pas assez de ressources pour y faire face. »

Comme les personnes en burnout nient souvent leur état et veulent continuer à tout prix à « se battre car ils n’ont pas le choix », je leur explique que plus ils continuent à s’épuiser, plus la chute va être dure et la récupération longue et coûteuse ». Je les invite à ralentir et à « recharger leurs batteries », ce qu’ils ont négligé depuis longtemps. C’est-à-dire, faire des choses qui leur font du bien : repos, sommeil de qualité, exercice physique, relations de qualité, hobbies etc.

Q : Rebondir passe souvent par une reconversion, un changement radical dans ses activités. Est-ce une nécessité ?

Non, pas toujours. Il faut avant tout comprendre ce que la personne a ressenti comme des « contraintes » : charge de travail, micro-management, inadéquation des valeurs, objectifs pas définis ou pas réalistes, manque de ressources etc. Si l’environnement de travail est ouvert à entendre les demandes du travailleur, des aménagements peuvent être mis en place pour lui permettre de revenir dans son entreprise, au même poste ou à un autre.La nouvelle loi (janvier 26) sur le « Retour au Travail » devrait faciliter cette démarche. Si par contre la personne a pris conscience qu’elle ne peut plus s’imaginer dans cette entreprise, ni dans ce métier, alors un bilan de réorientation sera essentiel pour l’aider à valoriser son expérience et ses qualités dans un environnement plus porteur pour elle.

Merci infiniment, Murielle, pour ta contribution, car il est essentiel de reconnaître que le burn-out est un enjeu majeur dans notre société.

Propos recueillis par Henry d’Anethan.